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Hôtel d'Havis 1705 Rue Aubriot - Paris Non loin de l'Hôtel de Ville, les admirateurs du vieux Paris sont frappés par les très modestes proportions d'une rue dénommée autrefois rue du Puy, à cause d'une citerne publique qui s'y trouvait. Depuis 1867, elle est devenue la rue Aubriot, du nom du célèbre prévôt de Paris qui construisit la Bastille et y fut enfermé un des premiers. Cette rue était enserrée dans un dédale de petites rues qui s'étendait de la Place de Grève à la forteresse du Temple. Elle est tout à fait au cur de la ville puisqu'elle est comprise dans la première enceinte de Paris, celle édifiée par Philippe Auguste aux environs de l'an 1200. On peut le vérifier aujourd'hui sur le plan de Braun, le plus ancien que l'on connaisse et qui remonte à 1530, on y voit très nettement dessinée la vieille rue du Puy. Un hôtel modeste a gardé l'empreinte du temps passé dans cette rue: c'est l'Hôtel d'Havis. L'hôtel, tel qu'il existe encore à présent, date de 1705. Les titres de propriété remontent au XVIIe siècle et mentionnent le partage de cette maison (de la rue du Puy) entre les enfants de Messire Jean de Vaton, conseiller et secrétaire du Roi Louis XIII ( acte du 1er septembre 1616 ). Pierre de Vaton auquel l'hôtel était dévolu, le passa à Adam-Pierre Barthélemy, seigneur de Bissy, conseiller au Parlement de Paris. Un certain Louis Havis, conseiller du Roi Louis XIV, contrôleur général des rentes de l'hôtel de Ville, achète cette maison en 1705 à un seigneur de Bissy (Nicolas Pierre Barthélemy, fils du précédent seigneur et Abbé de Bissy) et la fait reconstruire de neuf. Cet homme de goût était, comme tous les financiers d'alors, infatué de noblesse ; non content de composer des armes à sa façon et de les placer sur son carrosse et sur la livrée de ses gens, Louis Havis fit sculpter, au-dessus d'une baie cintrée dans le passage de son entrée, un écusson, nous pouvons encore actuellement en déchiffrer l'énigme. Un double jeu de mots sur son nom constitue ses armes parlantes ;
Il était donc naturel que ce financier qui venait d'acquérir cette demeure dans un des plus beaux quartiers de la ville, à deux pas de la Place Royale ( aujourd'hui Place des Vosges) qui était alors le centre de la vie mondaine, ait voulu restaurer, agrandir,reconstruire enfin ce trop modeste hôtel avant de venir y loger en 1705. Ce vaniteux financier eut une petite fille, Elisabeth Geneviève Charpentier, qui apporta en dot à son mari, Jacques Martin Hotteterre, ordinaire de la musique de la chambre du -Roi , la moitié de la maison de la rue du Puy. ![]() Plus tard après des deuils de famille et à la suite de rachats de parts de succession, ce musicien entra en possession de la totalité de l'hôtel (de 1732 à 1759, c'est lui qui paye personnellement les droits de cens, dont l'hôtel était redevable à la Commanderie du Temple). Quelle illustre famille de flûtistes que celle des Hotteterre. Depuis le milieu du 17e siècle jusqu'à la fin du 18e , ils semblent prendre part aux réjouissances musicales et aux fêtes de Versailles. Le 29 janvier 1664, Le mariage forcé est représenté avec éclat, Louis XIV daigne danser en personne dans un divertissement que les contemporains ont nommé Ballet du Roi. Le dernier intermède de cette pièce de Molière avait pour sujet un charivari grotesque et l'auteur cite parmi les interprètes Lully et les trois Hotteterre frères. Pour célébrer la paix d'Aix la Chapelle en 1668 Georges Dandin est joué à Versailles. Quatre bergers déguisés en valets de fêtes entrent en scène les premiers. Ils sont accompagnés de quatre autres bergers ; Descourteaux, Philbert, Jean et Martin Hotteterre qui jouent de la flûte. Après cette famille de musiciens, d'autres propriétaires devaient se succéder. Ce fût d'abord Messire Jacques Baron écuyer, conseiller au Châtelet de Paris demeurant rue Pavée, au Marais, qui se rendit acquéreur de l'immeuble le 3 mars 1784 pour la somme totale de 46000 livres dont 6000 pour le prix des glaces et des ornements. Ce changement de propriétaire a eu pour effet une description exacte de l'état où se trouvait alors l'hôtel, pièce par pièce, objet par objet. Cette longue énumération de boiseries travaillées, de glaces, de cheminées en marbres rares, de riches ferrures, de parquet de glace, de dessus de porte peints et encadrés de bois sculptés, montre assez quelle richesse de décoration intérieure comportait alors le moindre hôtel de famille à cette époque. La plupart de ces ornements ont disparu depuis qu'on a dressé cet état des lieux, le nouvel acquéreur et son successeur immédiat ayant voulu faire argent de tout. A cette époque tout le premier étage était occupé par les pièces de réception, le deuxième étage par les pièces où logeaient les maitres. Le troisième étage était composé de logements pour les domestiques et au quatrième étage se trouvait les greniers où étaient entreposés les fourrages qui étaient montés côté rue à l'aide d' une poulie extérieure. Au rez-de-chaussée il y avait une cuisine, bûcher et garde- manger à droite à la suite duquel est la cage de l'escalier, d'une écurie pour quatre chevaux à gauche, d'une serre à harnais au derrière, et d'une remise pour deux voitures. En 1835 le 21 janvier, le même Jacques Baron vendait l'hôtel à Adolphe Nevers, architecte moyennant 15000 francs de prix principal, sans les pots de vins, plus une rente viagère de 1000 francs constituée au profit d'un tiers ... J.Hillaret, dictionnaire historique des rues de Paris Adolphe Jullien, un vieil hôtel du Marais ![]() |